Affouragement en vert «De l'équilibre du sol dépend la santé de l'animal et de l'homme» (André Voisin)

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Paroles d'éleveur

"Elles se mettent au garde à vous quand elles voient l’auto-chargeuse"

Au cornadis en fait, mais vous aurez compris l’image. Et puis quand elles voient partir l’auto-chargeuse, elles se lèvent toutes ; « ça y est, il va chercher la bonne bouffe », pensent-t-elles peut-être, s’amuse à imaginer Bertrand Chevalier quand il évoque l’affouragement en vert.

Publié le 02/10/2020 2 minutes de lecture
"Elles se mettent au garde à vous quand elles voient l’auto-chargeuse"

Regarder son troupeau face à de l’herbe fraiche dans l’auge est un spectacle à voir pour chaque éleveur. Bertrand Chevalier y assiste chez lui, à Noyal-Muzillac (56) depuis décembre 2015. « Elles tapent dedans, il n’y a pas de refus. Et à un stade avancé, une herbe qui ne serait pas pâturée sera mangée à l’auge. Même quand on en amène un peu trop, il ne reste rien. C’est impressionnant ! »

Avec leurs 40+ hectares de dérobés ray-grass d’Italie + trèfle incarnat après céréales, non accessibles aux vaches, les trois associés du GAEC de l’Avenir faisaient des stocks de fourrages conservés trop importants. « On avait calculé qu’en tournant 4 mois de l’année sur les dérobées, la machine serait payée. Et comme nous étions rassurés par des voisins qui faisaient de l’affouragement en vert, nous avons franchi le pas pour valoriser nos prairies éloignées en fourrages frais plutôt qu'ensilés ou enrubannés », explique Bertrand.

Malgré quelques appréhensions au départ sur le temps nécessaire à la fauche, ils se sont vite rendus compte qu’une coupe prenait entre 30 et 45 min, en fonction de l’éloignement de la parcelle. Et après 5 années d’allers-retours, Bertrand y prend toujours autant de plaisir.

" Il faut aussi parfois accepter d’aller couper pas grand-chose pendant quelques jours et récolter un faible volume pour que l’herbe soit toujours au meilleur stade possible. "

De leurs débuts en affouragement en vert, Bertrand a retenu un enseignement : « on rentrait toujours 6 jours trop tard dans la parcelle. On se disait : "il n’y a rien, on ne va pas aller faucher ça". Et pourtant, l’herbe fauchée à la fin avait en fait trop poussé et commençait à durcir, et ça se voyait au tank ». En fait, pour déterminer la bonne date d’entrée, les associés ont pris le problème dans l'autre sens et ont commencé par calculer le temps qu’ils mettraient à faucher la parcelle, en fonction des besoins de leur troupeau, pour en sortir à un stade correct et que l’herbe reparte bien. « Surtout en sortie d’hiver lorsque tout arrive en même temps. Il faut aussi parfois accepter d’aller couper pas grand-chose pendant quelques jours et récolter un faible volume pour que l’herbe soit toujours au meilleur stade possible ».

Récemment, les associés ont implanté une parcelle spécialement destinée à la fauche, avec du ray-grass hybride, du ray-grass anglais, du trèfle violet et du trèfle blanc. « C’est impressionnant le rendement que l’on peut sortir avec les bonnes espèces. On sort 10 t MS/ha en 6 coupes ! »

Hauteur d'herbe coupée dans une parcelle du GAEC de l'Avenir

En pleine pousse au printemps, le GAEC de l’Avenir distribue 12 kg d’herbe fraiche par vache en deux tours. Une première distribution à 6h30, après la traite, puis la seconde après 13h. On fait pâturer les vaches la nuit, et même en pleine pousse de l’herbe, on met toujours 3 kg de maïs dans la ration. Les maïs sont implantés au 15 avril, donc finis les dérobés. De mai à juillet, les vaches, au pâturage, reçoivent encore une part d’herbe fraiche, 3 à 4 kg/j. S’il y a un "trou" dans l’affouragement, l’appoint est fait avec de l’enrubannage. La parcelle de fauche est utilisée, ainsi que les ray-grass anglais autour des bâtiments, à cette période. Début août, les associés utilisent un colza fourrager qui est installé après un pois de conserve. Puis l’hiver arrive et le cycle recommence.

« En moyenne, on affourage en vert 9 mois par an », conclut Bertrand Chevalier.

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